JEA 2007
Le 16 juin 2007

Dès que j’ai su qu’il y aurait un pique nique et un lâcher de ballons le 16 juin à Aix-les-Bains, j’ai décidé d’aller à ce rendez-vous qu’il nous avait fixé avant de... Je ne me reconnais pas dans ce rôle de groupie, mais Grégory m’a donné tant d’émotion par sa voix et ses interprétations, il m’a tant boostée par sa joie de vivre que je ne peux imaginer être absente ce jour là. Et curieusement, au fil des jours, l’impulsion cède la place à l’impatience.

Aujourd’hui, en m’approchant de l’Esplanade du Lac, ma détermination n’est plus aussi forte. J’ai peur de lire dans les yeux des autres cette tristesse qui me noue l’estomac depuis qu’il est parti. J’ai peur de montrer mes émotions à ces autres que je ne connais que de vue. Même si, comme moi, ils ont aimé l’artiste talentueux et l’homme généreux, j’ai peur d’être ridicule avec mes larmes…

Pourtant l’endroit est magique, en bordure du lac. La veille et pendant la nuit il est tombé des litres d’eau sur la Savoie, et comme par miracle ce matin un beau soleil brille et le paysage ressemble à une carte postale. Au loin j’aperçois des tentes blanches posées sur la pelouse, beaucoup de monde. On dirait une garden party… Pas après pas, le décor se précise et la crainte fait place à la curiosité.

Quelques tables ont été installées dans l’herbe : Fan Club, OM, Association, Don d’organes, Messages ballons et Tombola.  Derrière les stands, vêtus d’un jean et d’un t-shirt blanc, les bénévoles d’un jour renseignent les visiteurs déjà nombreux, un sourire triste aux lèvres. Je reconnais ces visages que j’ai aperçus sur des photos ou que j’ai croisés lors de concerts.

 

Un peu à l’écart, des ballons bleus et blancs attendent sous le filet l’heure d’emporter les messages tout là haut. Plus loin, sous les arbres, des panneaux. Grégory lors de la tournée Starac. Grégory en couverture de magazines. Grégory à l’Olympia. Chaque photo me rappelle un souvenir heureux. Un peu partout, des banderoles : les bretons, les toulousains, les bourguignons sont venus. Même les Belges et les Suisses ont fait le déplacement. Petit Prince, tu avais raison de remercier tes fans. Ils sont tous là pour toi… Et dans l’air ses chansons, celles de son premier CD et celles de la Starac, comme si rien n’était arrivé…

Soudain les premières notes de « De temps en temps » résonnent. Arrêt sur image pendant quelques secondes. Puis des mains se joignent. Chacun se met à chanter, les larmes aux yeux. D’autres les rejoignent et très vite une immense ronde se forme et balance au rythme de la musique.

Main dans la main avec ces inconnus connus, je réalise qu’ensemble nous sommes plus forts pour affronter les injustices de la vie. Subitement je sais pourquoi je suis venue ici. Un besoin de partager ma peine, mes émotions avec ceux et celles qui l’aiment, sans être jugée. Un besoin de faire partie de la famille grégoryenne. Le dialogue est facile. Nous sommes tous là pour lui. Nous avons forcément des souvenirs en commun. Des liens se nouent, devant une photo, au détour d’une banderole, et de prime en éval, je me retrouve à déballer mon pique nique avec une famille venue de la région parisienne.

Plus tard dans l’après midi, la voix de Grégory s’élève à nouveau sur l’Esplanade. Et les chansons du CD « La voix d’un ange », jusqu’alors inconnues de ses fans, se succèdent dans un silence émouvant. « Le lien », « Recevoir » et « Restons amis ». Chacun découvre seul ou en groupe, ces paroles qui semblent nous être adressées, et qui nous touchent en plein cœur.

 

La journée se termine par le lâcher de ballons en présence de la famille de Grégory et du Maire d’Aix les Bains. Moment de grâce. Les ballons bleus et blancs auxquels sont attachés les messages écris tout au long de la journée s’envolent vers les montagnes, et chacun les suit du regard, le cœur serré. Etrangement j’ai la certitude que Grégory les attend tout là haut, que nos mots adouciront son exil, que notre fidélité lui fera chaud au coeur.

L’heure de se quitter est arrivée mais on sent bien que cette Journée entre Amis ne peut se terminer sans une promesse de se retrouver l’année suivante. Et naturellement c’est la ronde De temps en temps qui nous permet de sceller ce pacte.

 

Lydie